Pourquoi le team building créatif est plus efficace qu’un séminaire classique

En règle générale, lorsque des amis qui travaillent dans de grandes entreprises évoquent un séminaire à venir, c’est rarement avec entrain. On est plus sur une punition. J’ai parfois l’impression de les entendre évoquer les heures de colle, au collège, pendant lesquelles on regardait les potes jouer dans la cour, à travers les vitres de la salle de permanence.

Pendant longtemps, je n’ai pas compris ce rejet. Pour moi, un séminaire d’entreprise, c’était presque une journée off : on se retrouve pour se former, on échappe à ses tâches quotidiennes et on apprend de nouvelles choses.

Pourquoi les séminaires d’entreprise fonctionnent parfois mal

En creusant, j’ai fini par comprendre qu’il existait deux cas de figure qui expliquent pourquoi certains séminaires censés renforcer la cohésion d’équipe produisent l’effet inverse.

Le piège du séminaire descendant

Le premier scénario, c’est celui où un consultant sorti d’une école de commerce, probablement coopté par un responsable formation de la boîte, ancien camarade de promo avec qui il partageait un abonnement à Challenges, se pointe dans les locaux.

Mini-viennoiseries, café, jus d’orange : le petit déjeuner sert d’appât. Les collaborateurs ne sont pas dupes. Malgré le refill de chaussons aux pommes, ils savent à quelle sauce ils vont être mangés.

Beaucoup de séminaires reposent encore sur un modèle descendant classique. Le consultant délivre son contenu, écoute vaguement, puis donne un feedback pré-calibré, déjà prévu dans le cahier des charges que l’entreprise a établi avec lui.

Parfois, l’intervenant n’a même pas participé à cette discussion.

Il a reçu des slides. Il en a créé d’autres. Il a remixé le tout avec une pincée de vocabulaire corporate censée démontrer une expertise pointue en innovation managériale, et le tour est joué. Une facture saignante est envoyée au service formation et tout le monde est content…

Sauf les collaborateurs.

Ils se sont ennuyés, et surtout ils n’ont pas vraiment pris part à l’expérience. Une fois de plus, on les a gavés comme des oies avant les fêtes.

Non contents d’être corporate huit heures par jour, on leur demande de rester sagement dans le cadre même lorsqu’un séminaire est censé apporter de la fraîcheur.

Le syndrome Michael Scott

Le second cas de figure, de plus en plus fréquent à mesure que les budgets se resserrent, est celui où un manager peu outillé anime lui-même le séminaire.

J’appelle ça faire une Michael Scott, du nom du Regional Manager de Dunder Mifflin dans l’excellente série The Office.

Michael, auto-proclamé “world’s best boss”, est persuadé qu’il peut tout animer : du team building à la formation sur la prise de parole en public.

Dans la série, cela donne lieu à des interventions absurdes, souvent gênantes, parfois racistes ou sexistes, toujours catastrophiques.

Évidemment, les managers réels ne sont pas Michael Scott. Mais cette situation révèle malgré tout un problème : le manque d’outils pour animer de véritables ateliers collaboratifs capables de faire progresser les équipes.

Si l’on souhaite que les managers développent les soft skills de leurs collaborateurs, il faut d’abord leur transmettre des méthodes efficaces.

Le team building créatif : une alternative efficace

Entre ces deux extrêmes, il existe heureusement d’autres pistes. L’une d’entre elles consiste à mettre en place des formats de team building créatif.

L’idée est simple : partir des équipes elles-mêmes et les mettre en mouvement. Dans ces ateliers, les participants deviennent la matière première de l’expérience. Ils expérimentent, collaborent, se trompent (ce qui est fondamental), puis recommencent.

C’est notamment ce que permettent les outils issus de l’improvisation théâtrale, aujourd’hui utilisés dans de nombreux programmes de créativité en entreprise et de développement de l’intelligence collective.

On passe d’une position passive (écouter un expert parler) à une expérience collective où chacun participe.

Et cela change profondément la dynamique, surtout lorsque les intervenants sont de vrais artistes. Pas des experts de l’expertise. Des praticiens.

Des personnes qui transmettent leur savoir-faire comme un artisan transmettrait son métier à un apprenti. On quitte alors la logique classique de formation descendante pour entrer dans une logique de transmission.

Le résultat est souvent clair : plus d’engagement, une meilleure mémorisation des apprentissages, et surtout des dynamiques de cohésion d’équipe qui se transforment réellement.

Après quinze ans d’expérience dans la formation, parallèlement à mon parcours d’acteur et de metteur en scène, j’ai aujourd’hui l’intime conviction que le ludique et l’artistique ne sont en aucun cas opposés à la performance.

Bien au contraire.

Bkools


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